Les Huiles Essentielles

Les Huiles Essentielles

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Extrait du Bréviaire d’Aromathérapie par Ghislaine Compere-Mesureur

L ’HUILE ESSENTIELLE : DÉFINITION

Les huiles essentielles (et les eaux « florales ») sont obtenues par la distillation à la vapeur d’eau dans un alambic, de parties de plantes aromatiques, dans la tradition alchimique, héritage des Arabes durant les croisades. Les essences sont libérées puis entraînées sous forme de vapeur, légèrement modifiées (par hydrolyse, oxydation et restructuration), et condensées.

Les essences sont obtenues par d’autres méthodes, anciennes ou récentes, complétant en fait la gamme des produits utilisables :

  • essences d’expression à froid, pour les zestes d’agrumes ;
  • essences « absolues » pour les fleurs, par extraction aux solvants organiques et décirage selon divers procédés ;
  • essences d’extraction aux fluides supercritiques (C02 pur ou additif) pour les végétaux en sec ;
  • essences d’eaux florales par récupération physique des volatils ;
  • essences rectifiées ou fractionnées jusqu’à l’isolat, souvent remplacé d’ailleurs par une molécule de nature identique moins chère !

Les huiles essentielles renferment des centaines de composants chimiques, pour la plupart en très petites quantités. Leur pouvoir réside dans la combinaison de leurs éléments. Ceux présents en doses infimes sont aussi importants que ceux présents en plus grande quantité. Aucune reconstitution chimique ne peut totalement reproduire un produit naturel. Il est donc fondamental de toujours utiliser des huiles essentielles naturelles et intégrales.

On retrouve ainsi dans les huiles essentielles des alcools, des acides, des cétones, des phénols, des aldéhydes, etc. qui leur donnent leurs propriétés thérapeutiques (voir liste complète pages suivantes).

Par contre, le principe même de la distillation écarte tous les composés de la plante insolubles dans l’eau comme les saponosides, flavonoïdes, caroténoïdes, les vitamines...

Il ne faut donc pas confondre les vertus médicinales d’une plante avec celle de son huile essentielle.

LA PRODUCTION DES PLANTES AROMATIQUES

Les plantes aromatiques et huiles essentielles utilisées à des fins hygiéniques et thérapeutiques doivent répondre à des critères de qualité fondamentaux. Le mode d’extraction de l’H.E. est aussi important que le mode de culture et de récolte de la plante elle-même.

RAPPORT QUALITE / PRIX

Il apparaît logique, lorsqu’on mesure les contraintes que s’impose un distillateur artisanal, que les huiles essentielles issues de ce circuit soient plus chères pour le consommateur.

En aval de la chaîne, il y a la cueillette de plantes sauvages, situées dans des lieux à l’accès difficile ou la culture en biologie, dont on sait qu'elle nécessite plus de travail.

La récolte des plantes : Elle doit elle aussi obéir à certaines règles. Les facteurs importants sont : le stade végétatif - la météorologie - l’heure de la journée - la phase de la lune

Lavande sauvage : le matin après la rosée à la faucille. Stade : floraison Le thym : l’après-midi à la faucille ou au sécateur.

Les roses : à l’éclosion, après la rosée du matin.

La menthe : avant la floraison (elle s’enrichit de cétones toxiques après la floraison)

La sarriette : avant la floraison (le taux de carvacrol est alors maximum).

La sauge sclarée : à la graine.

Le ramassage, dans les deux cas, se fait à la main de façon à recueillir toutes les parties utiles de la plante. Il s’agit aussi de ne pas l’abîmer pour que sa production reprenne l’année suivante.

Le séchage doit être soigneux, demandant de l’espace et du temps.

  • Une essence reste modulable en fonction des besoins particuliers de la plante.
  • Les conditions météorologiques, le stade végétatif peuvent modifier la composition biochimique. - De mauvaises conditions météorologiques vont entraver l’enrichissement en oxygène du précurseur. La plante pourra utiliser l’essence pour sa propre défense immunitaire.

Les fonctions enzymatiques sont ainsi influencées. Ce sont ces mêmes fonctions qui interviennent dans la formation ou non des différentes substances aromatiques.

Exemple de la Sauge officinale : sa molécule bornéol, en oxydo-réduction croissante, et sous l’influence des conditions environnantes, devient le bornéone (camphre cétonique).

Toutes ces précautions expliquent comment et pourquoi une huile essentielle de qualité peut revenir au distillateur, de 60 à 3000€ le litre pour plusieurs plantes. L’écart s’explique par les différences de rendement d’une plante à l’autre.

Certaines H.E. de culture et d'extraction facile ou de forts rendements sont peu coûteuses et peuvent être largement employées en usage familial ou professionnel : Citron, Eucalyptus, Lavande, Lavandin, Niaouli, Oranger, Pin, Romarin.

D'autres plus rares ou nécessitant une grande surface de culture, une main d’œuvre abondante et offrant un faible rendement, se vendent à un prix élevé : Armoise arborescente, Achillée ligurie, Camomille noble, Camomille matricaire, Cardamome, Ciste, Hélichryse italienne, Mélisse, Néroli, Rose, Verveine citronnée.

Pour 1 TONNE DE PLANTE FRAICHE, on obtiendra :

  • 20 à 30 kg HE. de cajeput, d’eucalyptus, de cyprès

-10 kg HE de baies de genévrier, laurier noble, lavande vraie

  • 3 à 4 kg HE de marjolaine à coquille, myrte, muscade (noix)

-1 à 3 kg HE de bois de rose, de thym, de géranium rosat

-150 à 200 g HE de néroli, mélisse, camomille noble

  • 30 à 80 g HE de rose de Damas ou de violette.

Ces différences considérables, de 30 kg à 30 g pour 1 tonne de plante fraîche (soit 1000 fois moins) expliquent le "Prix d’or" de HE ROSE par exemple.

Soyez donc très vigilants quant à la qualité des huiles essentielles. Il existe des commerces d’huiles essentielles falsifiées, «saucées », selon le jargon du monde des arômes. Avec 1 litre HE de romarin, ils font 8 ou 10 litres de «romarin saucé » en y ajoutant de HE de térébenthine ou d’eucalyptus ou Dieu sait quoi. Ils vendent des lavandins de basse extraction pour des lavandes vraies, etc. Ils reconstituent l’HE. de rose (la plus précieuse des H.E.) à partir de H.E. 100 fois moins chère (géranium rosat ou palmarosa). Le bois de rose du Brésil et de Guyane tend à être remplacé ou allongé de linalol de synthèse (quatre fois moins onéreux).

L’utilisation des produits de synthèse ajoutés aux H.E. peut se concevoir pour la parfumerie ou les produits ménagers. En revanche, dans le domaine de la santé, de telles pratiques sont à exclure. Seuls les produits naturels purs contiennent la totalité (le totum) des constituants.

GARANTIES DE QUALITE DES HUILES ESSENTIELLES : repose sur neuf critères :

  • L’identité botanique de la plante
  • Son chémotype (profil biochimique).
  • Le mode de culture et de récolte (culture écologique ou plante sauvage).
  • Le mode d’extraction (La distillation lente, prolongée, à basse pression (0,05 à 0,1 bars)
  • La composition de l’H.E. elle-même, très variable suivant les lieux et époques de récolte
  • Le lieu d’origine de l’extraction de l’huile essentielle.
  • L’huile essentielle doit être naturelle (pas de composants synthétiques, d’essences minérales).
  • Elle doit être pure (non coupée d’autres huiles)
  • Elle doit être totale (non décolorée, non déterpénée, non rectifiée).

La déterpénation : Cette opération consiste à séparer les principes oxygénés des essences (phénols, alcools, cétones, aldéhydes, esters) de leurs hydro-carbures (terpènes, sesquiterpènes). Cette extraction s’effectue par distillation fractionnée. Les terpènes ont une activité thérapeutique indéniable, très précieuse d’où le refus d’employer les HE déterpénées en aromathérapie.